Abattage à la ferme, l’abattoir de Pézenas veut répondre à une attente forte de certains éleveurs et des consommateurs

Je siège au Syndicat mixte de la filière viande de l’Hérault (SMFVH), c’est la structure publique réunissant plusieurs EPCI pour maintenir l’outil qu’est l’abattoir de Pézenas au service des éleveurs de nos territoires. On s’étonnera peut-être qu’un écolo puisse représenter le Clermontais dans cette structure publique, mais c’est déjà parce que c’est une structure publique que je souhaite y participer activement, mais aussi parce que pour assurer une alimentation de qualité il vaut mieux participer à la gouvernance de toute la chaîne qui va de l’élevage à la découpe. Nous avons des éleveurs qui se préoccupent de la bonne santé de leurs animaux, et leur fin de vie n’échappe pas à ce souci constant.

Les États généraux de l’alimentation, l’an dernier, ont ouvert la possibilité d’expérimenter l’abattage à la ferme, et le ministère de l’agriculture répond du mieux qu’il peut aux projets qui lui sont soumis. Car ce qui est certain, c’est qu’un animal qui monte dans une bétaillère (jusque-là ce n’est pas un traumatisme) pour se retrouver au bout de la route dans une « ferme » à la porte d’un abattoir, il est sorti de son cadre habituel et outre que cela puisse lui causer des souffrances cela peut aussi altérer la qualité de la viande. D’où la requête de certains éleveurs de procéder à un abattage à la ferme.

Actuellement, la législation n’autorise l’abattage à la ferme qu’au cas où l’animal est dangereux ou blessé ; le cadre légal pour tout autre cas reste à élaborer. L’abattage à la ferme existe dans d’autres pays, mais la France s’impose des normes sanitaires qui assurent la qualité de l’alimentation de bout en bout, et il est légitime de s’y tenir. Ainsi, les opérateurs qui interviendraient pour un abattage à la ferme doit être qualifiés « responsable protection animale » (RPA). Et il est aussi requis la présence d’un vétérinaire pour l’examen de l’animal avant l’abattage, lors de l’abattage et après la découpe pour le coup de tampon avant la chambre froide.

Je pense qu’il faut manger moins de viande, beaucoup moins de viande, mais quand on en mange alors on peut se permettre de choisir de la viande de qualité, avec des animaux qui ont connu d’excellentes conditions d’élevage et une fin respectueuse de leur dignité.

Mayenne. Ils militent pour un abattage à la ferme

L’abattage à la ferme va se développer, et des expérimentations émergent ici et là, en France et en Europe. Pour l’abattoir de Pézenas, il est impératif de participer à cette nouvelle orientation, et qui est complémentaire de son activité traditionnelle. Mais une telle offre de service ne peut pas se limiter au seul département de l’Hérault, et je plaide pour que la Région soit un partenaire de cette démarche, car un camion itinérant avec deux opérateurs et l’équipement nécessaire pour soulever et conserver des animaux ne peut être viable économiquement qu’en sortant des frontières du département. Et qui mieux que la Région pour coordonner ces initiatives dans les treize départements de son territoire, mais aussi pour en assurer la promotion, dans la continuité de son « Pacte régional pour une alimentation durable en Occitanie » (cf. le site web de la Région).

Je profite de cette note pour saluer la qualité des débats que nous avons au sein du SMFVH, et son président Rémi Bouyala a eu raison de le rappeler en fin de séance aujourd’hui. Les élus présents ont une expérience de leur territoire, ils connaissent les éleveurs ; des élus comme Jean-Noël Malan et Max Allies en témoignent régulièrement, et aujourd’hui j’ai apprécié les apports de Laurent Senet et d’Irène Tolleret, respectivement maires de Saint-Jean-de-Buèges et de Fontanès, sur le territoire du Pic-Saint-Loup, et tous deux agriculteurs (élevage et vigne) ; venir à Nézignan-l’Evêque pour voter les comptes du SMFVH et pour échanger sur des sujets de ce type, cela témoigne d’un vrai sens de l’intérêt général. Et cela me change d’autres instances où ça ronronne pour rien :=(

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