Après les européennes, cette départementale partielle où la force propulsive d’une écologie affranchie doit être l’alternative

23 et 26,9, non ce ne sont pas les températures de ces derniers jours de campagne, mais respectivement le résultat (en pourcentage des suffrages exprimés) de la candidate écologiste Clothilde Ollier, et le taux de participation à cette élection départementale partielle du 30 juin sur la canton de Lodève.

26,9% de participation, c’est de l’ordre de ce qui était attendu (en fourchette haute). La dernière élection départementale partielle en France est celle du canton de Corbeil-Essonnes pour le remplacement de Serge Dassault [décédé], dans un contexte d’organisation assez similaire (élection convoquée par arrêté préfectoral le 4 juin 2018 pour un premier tour le 1er juillet), et la participation avait été de 10,9%. Et dans ces cas-là, ceux qui peuvent l’emporter sont ceux qui sont en mesure de mobiliser leur électorat.

23,02%, c’est le score de la candidate écologiste. Mais bien plus que ce pourcentage (très relatif), c’est le nombre d’électeurs ayant voté pour Clothilde Ollier qui est remarquable ; 1 665 électeurs se sont déplacés pour exprimer leur souhait que l’écologie entre au Conseil départemental. C’est un peu moins que les 2 598 voix qui s’étaient portées sur Yannick Jadot, mais le vote du 26 mai sur ce canton a révélé une réelle préocupation de ses habitants pour notre avenir à tou-te-s sur la planète. Pour rappel, aux élections départementales de mars 2015, le binôme écologiste sur ce canton avait réuni 1 282 suffrages ; et cela constitue une hausse de 30% en cinq ans. C’est remarquable, car dans la même période les suffrages de la majorité départementale sont passés de 5 446 à 3016 ; ceux du FN/RN sont passés de 4 347 à 1 692. En mars 2015, la participation était de 57,40%, et passer à 26,9% de participation ce dimanche n’explique donc pas complètement cette érosion, surtout que pour le RN son résultat au scrutin européen du 26 mai (3 930 voix pour le RN seul et 4 639 voix en y ajoutant DLF et l’UPR) aurait du mobiliser l’électorat nationaliste …

Résultats du 1er tour de la départementale partielle sur le canton de Lodève le 30 juin 2019

Mais ce qui a aussi marqué ce scrutin du 30 juin, c’est l’absence de la gauche, je veux dire par là l’expression d’une gauche politique. En mars 2015, il y avait un binôme du Front de Gauche et un autre du Parti socialiste, et qui ont fait campagne auprès des électeurs sur leur socle de valeurs et de projets ; là, non. Et l’augmentation de +30% des suffrages qui se sont portés sur la candidature écologiste y trouve une partie de l’explication, même si les formations telles que le Parti communiste, la France insoumise, Génération.s, … n’ont pas officiellement ni publiquement appelé à voter pour Clothilde Ollier. Mais cela nous oblige néanmoins.

Ce dernier constat me permet de reprendre certains des propos de David Cormand, le secrétaire national d’EELV, lors du dernier Conseil fédéral mi-juin à Paris :

« Notre ligne c’est l’écologie affranchie. Affranchie des complexes. Affranchie des étiquettes. Affranchie des vieilles cosmogonies. Nous savons qui nous sommes. Les millions de personnes qui nous ont fait confiance le savent aussi. Alors nous ne répondrons à aucune sommation de nous définir par autre chose que parce qui nous réunit : l’écologie. Nous n’avons pas vocation à refonder qui que ce soit. Notre rôle est de faire jaillir une énergie nouvelle pour transformer le champ politique par une offre inédite. Nous sommes l’écologie affranchie. C’est-à-dire l’écologie tranquillement radicale, l’écologie vigilante, l’écologie qui ne s’excuse plus de porter une autre vision du monde que les productivistes qui l’ont détruit avec un bel acharnement.
[…] Nous sommes l’alternative. Nous avons vocation à assumer le leadership des idées et de la vision politique autour desquelles un rassemblement majoritaire peut se construire demain. L’écologie est la force propulsive de l’alternative. Nous devons donc construire le mouvement capable de porter une alliance large. C’est notre responsabilité historique. Nous n’avons pas le droit de nous dérober. Ni par sectarisme, ni par manque d’ambition ».

L’élection européenne du 26 mai et la partielle sur le canton de Lodève le 30 juin, voilà des pages d’un récit qu’il nous revient de poursuivre, et cela bien au-delà du parti originel de l’écologie politique.

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