Croissance démographique en baisse sur le Cœur d’Hérault

L’INSEE a publié ce 27 décembre les chiffres de la population pour toute la France ; j’en ai extrait les chiffres pour les 77 communes du Cœur d’Hérault. A l’échelle du Pays, on peut voir quatre périodes de variation démographique : une forte déprise jusque dans les années 75, avec -0,68% de population par an, une croissance constante autour de +1% par an jusqu’en 2000, une croissance soutenue autour de +2,5% jusqu’en 2013, et enfin une croissance de +1,5% de 2013 à 2016. Il y a actuellement un peu plus de 80 000 habitants en Cœur d’Hérault.

Pour ces quinze dernières années, je pense que l’A75 a été un formidable accélérateur démographique, conjugué à une congestion de l’habitat sur l’agglomération de Montpellier. Et puis la politique de l’habitat sur la métropole de Montpellier, conjuguée à une offre de services sans égale sur le reste du département, a rendu nos territoires périphériques beaucoup moins attractifs. Les populations actives sont attirées par un bassin d’emplois comme celui de Montpellier, quand la campagne attire plus les retraités.

Les trois communautés de communes du Coeur d’Hérault ne sont néanmoins pas égales au regard des variations de populations. Le Lodévois est évidemment impacté par la COGEMA, avec une forte croissance démographique après 1968, contrairement aux autres EPCI qui voient leur population décroître, puis le Lodévois perd de la population jusqu’aux années 2000 alors que le Clermontais et que la Vallée de l’Hérault sont en croissance démographique.

Je n’ai pas d’explication évidente pour expliquer les variations respectives de la Communauté de Communes du Clermontais (CCC) et de la Communauté de Communes de la Vallée de l’Hérault (CCVH), excepté la « respiration montpelliéraine le long de l’A75 ». Par contre, force est de constater que la moyenne de +1,5% par an sur les trois dernières années à l’échelle du Pays se répartit assez inéquitablement : +2,2% sur la CCVH, +1,2% sur la CCC et +0,3% pour la CCLL.

Mais au sein de chaque EPCI aussi les variations de démographie ne sont pas semblables. C’est sensible sur le Lodévois-Larzac, où les évolutions sur la ville de Lodève sont rééquilibrées par le reste du territoire intercommunal. Sur la Vallée de l’Hérault, les variations sur Gignac et sur Saint-André-de-Sangonis sont en harmonie, mais avec un effet d’amortisseur avec tout le reste du territoire intercommunal. Enfin, sur le Clermontais, Paulhan et Clermont-l’Hérault ne se ressemblent en rien vis à vis de leurs variations de populations alors que ces deux villes sont à 10 km de distance, le long de l’ex-RN9, et avec des relations administratives étroites.

Ces données démographiques ont une importance significative alors que le Pays Cœur d’Hérault élabore son SCoT, et que ce document de planification doit prendre en compte les dynamiques territoriales de tous ses bassins de vie. Une  récente réunion entre les services des intercommunalités, du Pays et de l’État a acté une croissance de +1,5% par an dans le cadre du SCoT, et avec une application égale pour les 77 communes du territoire, mais on s’aperçoit, autant sur des données très anciennes que sur les trois dernières années, qu’il n’existe jamais de croissance homogène sur le Cœur d’Hérault.

Le SCoT devra donc procéder à des arbitrages, non pas en prolongeant simplement les courbes tendancielles, mais bien en ciblant des activités économiques ici ou là, de diverses filières, en n’oubliant pas les mobilités, le logement, les services publics, les paysages et tout ce qui concoure au bien vivre en Cœur d’Hérault.

Les populations municipales en 2016 L’évolution annuelle des populations municipales de 2013 à 2016

P.S. : Le fichier (format XLS) des données INSEE pour le Cœur d’Hérault est disponible sur demande. Il donne les populations pour nos 77 communes sur les années 1968, 1975, 1982, 1990, 1999, puis toutes les années de 2006 à 2016.

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