Deuxième vague … de sauvegarde économique

Le virus Sars-Cov-2 circule dans le monde depuis l’automne 2019, et en France depuis le début de l’année 2020. Ce virus est toujours là, et c’est toujours le même. Sa contagiosité et sa virulence sont restées inchangées, et il se propage par contact avec les muqueuses du nez et de la bouche, soit par voie aérienne soit après avoir touché un objet où le virus s’est déposé. Ce sont là des faits confirmés, et les barrières contre la propagation du virus sont de se protéger la bouche et le nez quand on est en présence proche de nombreuses personnes non familières, de conserver une distance physique suffisante et de se laver les mains après avoir touché des objets ou des personnes non familiers.

Qu’est-ce qui pourrait permettre d’éteindre la propagation de Sars-Cov-2 ou d’atténuer ses conséquences sanitaires ? Deux options, un médicament ou un vaccin. Pour le médicament, l’Institut Pasteur de Lille lève des fonds afin de réaliser des essais cliniques sur une molécule déjà utilisée dans un médicament ancien ; le groupe LVMH a fait un don de 5 M€, mais il est insupportable que l’État ne prenne pas à sa charge de tels essais publics. Quant aux vaccins, il y a pléthore de laboratoires qui sont sur les rangs, mais il ne faut pas rêver, aucun vaccin ne sera diffusable avant le second semestre 2021. Une troisième option a fait long feu, c’est celle de l’immunité collective, car elle implique un coût humain inacceptable pour y arriver.

En l’absence de perspective de court terme, il faut donc « vivre avec le virus ». La démarche engagée par le gouvernement depuis le mois de mars est liée à la pression sur le système hospitalier ; dès que pointe la congestion, on sort le coup de massue, d’abord le confinement général au printemps dernier, et là le couvre-feu jusque fin novembre. Et dès que les hôpitaux se vident, on libère les populations afin qu’elles consomment et relancent l’économie ; cela a prévalu pour les vacances estivales, et c’est aussi l’objectif du gouvernement pour les fêtes de Noël. Les deux graphiques ci-après sont certainement de ceux que le gouvernement doit suivre scrupuleusement pour naviguer à vue face à la crise sanitaire.

Admissions en réanimation pour Covid-19, par région Les dépenses des ménages payées par carte bancaire

Et dans le temps qui s’est écoulé entre le déconfinement à mi-mai jusqu’à fin août, où les chiffres de la propagation du virus ont commencé à inquiéter, qu’a fait le gouvernement pour renforcer les moyens dans les hôpitaux ? Certes, les équipements qui manquaient en mars et avril sont là, mais pourquoi si peu le lits de réanimation et si peu de personnels ? Car il n’y a pas que des médecins et des infirmiers pour s’occuper de malades, il y a aussi tout un personnel de salles et d’entretien qui doit croître au même rythme que le nombre de patients, pour désinfecter, nettoyer, s’occuper des patients, apporter les repas, etc.

Mais n’y aurait-il pas d’autres outils pour vivre au mieux avec ce virus ? Le leitmotiv du gouvernement à la sortie du confinement était « Tester – Tracer – Isoler », mais ce sont autant de cuisants échecs. La gestion des tests est catastrophique, avec des tests antigéniques rapides et des tests salivaires qui font l’objet de trop longs processus d’homologation avant d’être diffusés. L’application Stop-Covid … No Comment ! Et pour l’isolement des patients positifs, des hôtels avaient été réservés, mais jamais ils n’ont été occupés.

Le virus circule, au travail, à l’université, dans les cafés et dans tous les lieux où on demeure plus d’un quart d’heure avec un inconnu potentiellement contagieux. Or, ce sont là des personnes jeunes, ou tout au moins en bonne santé « qui se refilent le virus », mais c’est dans le cercle familial, avec des personnes plus âgées ou plus vulnérables que la propagation devient funeste ; la moyenne d’âge dans les services de réanimation en témoigne. Si nous pouvions faire un auto-test salivaire avant d’aller voir nos grands-parents, nous pourrions les rencontrer avec moins d’angoisse, et sans que cela n’empêche de garder des gestes barrières.

L’État est affaibli et notre recherche industrielle n’est pas soutenue, contrairement à l’Allemagne qui a su mieux répondre au pic épidémique du printemps. Mais quand Macron et son gouvernement, pourtant si libéraux, décideront-ils d’accompagner les jeunes pousses ainsi que nos fleurons industriels plutôt que de défendre la finance mondiale ?

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