L’OVNI Macron enchaîne les déconvenues …

La première année de son mandat présidentiel fut rayonnante. Emmanuel Macron était l’étoile montante de la géopolitique mondiale, profitant des difficultés d’Angela Merkel et jouant au boyfriend avec Donald Trump. Il a aussi mis le Parlement au travail pour la réforme du code du travail, pour la réforme du baccalauréat (avec la loi pour l’orientation et la réussite des étudiants), pour la loi antiterroriste (mettant ainsi fin à l’état d’urgence), pour la réforme de la fiscalité locale (avec la suppression progressive de la taxe d’habitation), pour la réforme de la SNCF, …

Mais depuis l’été 2018, le Président de la République vit un véritable chemin de croix. Il n’est plus le maître du temps politique, et de nombreux chantiers majeurs de son quinquennat sont gelés. Depuis 6 mois, Emmanuel Macron est d’abord confronté à une succession de « déconvenues relationnelles privées ». C’est Alexandre Benalla qui ouvre le bal, avec les révélations du journal Le Monde, le 18 juillet, sur ses exactions du 1er mai. Vient ensuite Nicolas Hulot qui démissionne en direct dans la matinale de France Inter le 28 août. La démission de Gérard Collomb, le 3 octobre, a donné lieu à un flottement gouvernemental de 13 jours, la composition finale du gouvernement d’Édouard Philippe étant annoncée le 16 octobre. Les deux seuls ministres d’État du premier gouvernement ont claqué la porte, ce qui doit déjà être historique dans la Vème République, mais sa garde rapprochée à l’Élysée l’isole et le fragilise.

Benalla, l'intime ... Hulot, la caution écolo ... Collomb, le pygmalion ...

Emmanuel Macron perd alors la main sur l’agenda des réformes (ouvrant les portes du nouveau monde), et sur la campagne à venir des européennes (devant lui permettre de renforcer son leadership européen). Son principal handicap pour affronter cette tempête, c’est qu’il est seul. Son parti politique, LREM, est encore en gestation ; il n’y a pas de projet politique, excepté de porter la parole du Président, et il manque de cadres politiques suffisamment expérimentés pour débattre sérieusement.

L’autre déconvenue majeure qui s’ajoute à la solitude du monarque républicain, c’est le mouvement des gilets jaunes qui devient sa principale opposition politique. Si depuis le samedi 17 novembre ce mouvement a décidé de « bloquer le pays », les gilets jaunes ont surtout bloqué le plan de réformes d’Emmanuel Macron. Le retrait de Chantal Jouanno du grand débat national, le 8 janvier 2019, et qui est minimisé par les ministres et par les proches de Macron, lui donne le coup de grâce ! Nul doute qu’il lui trouvera un-e remplaçant-e, mais cette dernière péripétie vient illustrer de façon magistrale le fossé qui sépare les revendications sociales et démocratiques des gilets jaunes et un train de vie politique hors sol de l’État et de ses structures publiques (où on recase les copains dépourvus de mandat électif).

Le piano rouge de Jérôme Medeville sur l'A9 en jaune

Alors le président Emmanuel Macron peut-il se relever de l’impasse dans laquelle son mandat s’enlise ? Le contexte ne changera pas à court terme ; les indicateurs socio-économiques ne vont pas passer au vert du jour au lendemain, il ne sortira pas de sa majorité parlementaire de nouvelle dynamique politique, la pugnacité des gilets jaunes et leur bonne audience publique ne vont pas s’éteindre et il est donc au pied du mur. Son grand débat national est un leurre, car il ne souhaite pas changer le cap des réformes libérales et que cette consultation met à mal la démocratie représentative. Je l’ai déjà écrit et je maintiens cette position, je pense qu’il n’y a pas d’autre alternative qu’une dissolution de l’Assemblée nationale pour qu’elle devienne un peu plus la représentation nationale (même si le mode de scrutin en atténue la portée).

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