Paulhan, l’immobilisme municipal conduit au gel des constructions …

L’équipe municipale de Bernard Soto (2008-2014) avait voté les budgets de la commune, de l’eau et de l’assainissement pour l’année 2014 à la veille des élections municipales. Le nouveau maire, Claude Valéro et son adjointe aux finances, Pierrette Arnaud, s’en étaient d’ailleurs félicité car ils disposaient ainsi d’un cadre budgétaire pour fonctionner et pour investir, l’année 2014 leur permettant ainsi de bâtir leurs propres budgets pour les années suivantes du mandat 2014-2020.

Sur l’eau, le budget 2014 prévoyait 41 050 € pour la recherche en eau, car la commune ne dispose pas des quantités suffisantes, et surtout l’été où le réservoir ne contient que 12 heures d’autonomie. Cet approvisionnement en eau est un point crucial que l’Agence Régionale de Santé (ARS) avait déjà pointé en n’apposant pas son tampon sur notre schéma directeur de l’eau, faute de ressource suffisante en eau. Un désaccord avec le Conseil général sur les zones de recherche avait entraîné un retard dans les travaux, mais la volonté de l’équipe municipale de l’époque était bien de trouver une nouvelle ressource, après que la question de la qualité de l’eau ait fait l’objet de deux gros chantiers, le Défi Pesticides d’une part, et la construction en 2012 d’une installation de filtrage de l’eau brute par charbons actifs ; la qualité de l’eau au robinet des paulhanais est conforme aux exigences de l’ARS.

Et que s’est-il passé pendant 4 ans dans le domaine de l’eau à Paulhan ? Déjà, la recherche d’une nouvelle ressource en eau a été abandonnée, en même temps d’ailleurs que le Défi Pesticides (l’eau brute de Paulhan a toujours des pesticides et la station de filtrage s’est vue prolongée au-delà du délai de 5 ans prévu par l’Agence de l’Eau). Et le maire s’est borné à refaire un schéma directeur de l’eau, dont les études n’ont réellement été engagées qu’en 2017, soit l’année qui précédait le transfert de la compétence à la Communauté de communes. En conseil municipal, nous nous étions insurgé sur l’absurdité de mettre de l’argent (20 k€) sur un schéma directeur qui serait de toutes façons remplacé prochainement par un schéma directeur intercommunal de l’eau potable (les études en cours se focalisent d’ailleurs sur une interconnexion avec le réseau AEP d’Aspiran qui est très excédentaire). Mais en dehors de la réhabilitation des réseaux, grâce auxquelles le rendement primaire du réseau s’est amélioré, le renforcement de la ressource en eau pour Paulhan n’a fait l’objet d’aucun investissement significatif.

Sur l’assainissement, le budget 2014 prévoyait 280 000 € pour construire un second clarificateur à la station d’épuration (STEP) ; le schéma directeur le prévoyait déjà et il n’était pas utile de remettre ce schéma directeur à l’étude. Nous savions, par exemple au travers de la dernière modification du PLU pour mettre la cave coopérative en zone constructible, que l’ARS et que les autres services de l’État pointaient un dépassement régulier de la capacité nominale de la STEP ; il était nécessaire de mettre la STEP en conformité pour permettre de nouveaux aménagements urbains (suspendus par les autorités environnementales de l’État).

Et que s’est-il passé pendant 4 ans dans le domaine de l’assainissement à Paulhan ? La construction du second clarificateur a été gelée et le maire a préféré repartir sur un nouveau schéma directeur, dont il n’a réellement engagé des dépenses qu’en 2017 (23 k€), alors que la compétence allait être transférée à la Communauté de communes au 1er janvier 2018. Là aussi en conseil municipal nous avions souligné l’urgence d’engager des travaux de mise en conformité plutôt que de faire des études que la Communauté de communes remettrait à l’ouvrage pour la réalisation d’un schéma intercommunal de l’assainissement. Et nous pointions déjà le fait qu’avec des investissements transférés, nous n’avions plus de capacité à peser sur les décisions de la Communauté de communes ; ce à quoi la secrétaire de mairie, Mme Perez, et le maire ont répondu qu’ils avaient des engagements formels de la Communauté de communes …

La Communauté de communes a démarré son schéma intercommunal de l’assainissement et il prévoit pour Paulhan une nouvelle station d’épuration, à côté de l’actuelle, mais qui mutualiserait les eaux usées d’Usclas-d’Hérault et d’Aspiran. Et la programmation pluriannuelle des investissements de la nouvelle régie Interc’Eau ne prévoit pas de démarrage du chantier avant 2021 ! Avec au passage un probable changement d’élus à la tête de l’intercommunalité en 2020, et donc des arbitrages qui seront à revoir, ou plutôt à renégocier … Le maire de Paulhan, et pourtant vice-président de la CCC, se plaignait ce mercredi à la tribune de l’assemblée intercommunale qui débattait de ses orientations budgétaires que Paulhan était la grande oubliée des investissements intercommunaux. Nous étions en train d’acter la construction de deux centres de loisir à Ceyras et à Canet, 890 k€ pour la première et 720 k€ pour la seconde, quand Claude Valéro indiquait en séance avoir essuyé deux refus des services intercommunaux pour participer financièrement aux travaux sur la façade de l’école F. Dolto … Rappelons aussi que le maire avait accepté de prendre sur le budget municipal 2015 le restaurant de l’école Arc-en-Ciel, ce que les autres communes font financer par l’intercommunalité.

L’impact de cet immobilisme est d’une part que l’ARS gèle désormais l’urbanisation de Paulhan tant que les recherches en eau n’auront pas abouti (la même interdiction a été prononcée pour 9 autres communes du Clermontais : Brignac, Cabrières [pour le hameau des Crozes], Canet, Ceyras [pour le secteur de Rabieux], Clermont-l’Hérault, Fontès, Lacoste, Mourèze et Saint-Félix-de-Lodez. Et c’est à la CCC que revient la responsabilité de prioriser toutes ces mises en conformité, dès que son schéma directeur de l’eau potable aura été validé. Cf. éléments de situation diffusé en conseil des maires de la CCC :

Et il en découle que le service urbanisme de la CCC qui instruit les demandes d’autorisation d’urbanisme justifie ses refus par : « Considérant que la capacité de traitement des eaux usées de la commune ne permet pas de nouveaux raccordements dans un délai compatible avec la réalisation du présent projet, ». Ce qui se matérialise déjà sur le tableau d’affichage de la mairie de Paulhan où les refus d’autorisation de construire vont se multiplier …

Gouverner, c’est prévoir ; et ne rien prévoir c’est courir à sa perte. – Émile de Girardin en 1852 dans La politique universelle.

Le constat est bien triste, et il obère les capacités de Paulhan à rester un bourg-centre attractif. Nous constatons par ailleurs que les prix de l’immobilier (à l’achat comme à la location) deviennent inabordables pour rester ou pour s’installer à Paulhan. Et avec la vente par Hérault Habitat des maisons de l’Abaoussier, l’offre de logements sociaux va se tarir, et surtout pour les moins bien nantis. C’est d’ailleurs un véritable Plan Marshall de l’habitat qu’il faudra lancer au prochain mandat, en complément d’un programme local de l’habitat (PLH) que là aussi l’exécutif communautaire à laissé en déshérence depuis 5 ans.