Photovoltaïque XXL sur la commune de Le Cros, citoyens et élus locaux sur la même longueur d’onde, mais …

La salle des fêtes du Caylar était bien remplie ce soir pour la réunion publique d’information sur le projet industriel photovoltaïque sur la commune du Cros. La première partie de la réunion a été consacrée à l’exposé des éléments du projet, avec une tribune riche en témoignages et en expertises.

De gauche à droite : Julien Pradel (animateur du débat), Alain Ravayrol, Jean-Noël Malan, Amandine Mallants, Dominique Voillaume, Murray Nelson, Pierre Maigre, Jean-Claude Austruy et Bernard Ricau

Cette première partie a permis de mieux comprendre les perspectives technologiques de ce projet, de mieux appréhender les impacts environnementaux et agricoles, et enfin d’avoir la position des élus locaux au travers du communiqué de la Communauté de communes du Lodevois (CCLL) qu’a lu le vice-président délégué à l’agriculture, Jean-Noël Malan.

Communiqué de la CCLL du 22 février 2019

Le lobbying louvoyant de la société Arkolia a été largement décrié. Déjà par Pierre Maigre, le président de la LPO de l’Hérault, qui fustige l’emploi du logo de son association sur le premier dossier remis par Arkolia à ses interlocuteurs publics. Mais aussi par Alain Ravayrol (FNE) et par Jean-Noël Malan, qui sont aux premières loges pour entendre, auprès des élus locaux, des sons de cloche qui brouillent les cartes. La désinformation et le « diviser pour régner » sont les cartes maîtresses de l’industriel.

Sur le papier, tout plaide contre ce projet : les espaces naturels protégés, les besoins en eau (80 000 m3 par an quand le syndicat des eaux du Larzac n’en produit que 130 000 m3), 400 ha d’extensions urbaines quand le préfet de l’Hérault n’en accorde que 600 pour l’ensemble des 77 communes du Cœur d’Hérault pour les 30 prochaines années, le faible rendement d’une méthanation encore expérimentale, une ligne haute tension enfouie pour transporter l’électricité photovoltaïque vers des zones de consommation très éloignées, etc.

Dominique Voillaume, éleveuse de brebis sur le plateau, a narré l’histoire du domaine privé de Calmels, avec d’anciens projets d’installation bloqués par la SAFER, les besoins fonciers des militaires installés sur le Larzac, les GFA qui pèsent quand ils occupent de la surface mais fragilisés par leur gouvernance, etc. Et ses propos nous renvoyaient à ce face à face entre le pot de terre et le pot de fer …

Mais l’assistance n’était pas uniquement là pour contester un projet, elle voulait porter des projets alternatifs. Et pas des projets industriels ! Ainsi, des citoyens de l’Aveyron voisin étaient venus nombreux ce soir pour dénoncer le méga-transformateur de  Saint-Victor-et-Melvieu ; sur ce secteur-là, RTE envisage de tripler ses capacités d’aiguillage de transport électrique, car le territoire rural du massif central et des causses méridionaux sont appelés à voir se développer des projets industriels éoliens et photovoltaïques …

J’ai été le dernier à intervenir dans ce débat, et sur deux points clés. Le premier concerne l’issue de ce projet, car il ne faut pas s’arrêter à la seule motion de l’assemblée communautaire du Lodévois-Larzac. En effet, en matière d’autorisation d’urbanisme, c’est le préfet qui a le dernier le mot ; et plus encore pour une commune comme Le Cros qui n’a pas de document d’urbanisme (POS ou PLU), comme la moitié des communes rurales de France, est soumis au seul règlement national d’urbanisme (RNU) ; cela réduit plus encore le poids du service urbanisme de la CCLL (qui dispose de la compétence PLU).

Enfin, et c’est à mon sens le plus important, le Pays Cœur d’Hérault achève l’élaboration de son PCAET (Plan-Climat Air-Énergie Territoire), que son conseil syndical a validé le 30 novembre 2018. Ce Plan-Climat va désormais être soumis au grand public, et c’est là où toutes les contributions entendues ce soir doivent pouvoir s’inscrire dans le cadre de ce Plan-Climat. Le Cœur d’Hérault vise, d’ici 2050, à produire plus d’énergie qu’il n’en consomme, et en piochant de façon responsable dans divers gisements de ressources.

Il faut donc rester mobilisés pour ne pas laisser le préfet signer un permis de construire aberrant, et il faut se mobiliser dans le cadre du Plan-Climat pour qu’il devienne un outil citoyen de la transition énergétique.

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