Une campagne européenne locale des forces de gauche et de l’écologie pour rejeter la funeste impasse du duel entre libéralisme et nationalisme

LePenMacron.jpgLes élections européennes du printemps 2019 voient de bien funestes stratégies se développer, avec d’un côté la fuite en avant du libéralisme, et de l’autre le repli nationaliste. En France, cette dualité est incarnée par Emmanuel Macron et par Marine Le Pen qui se sont auto-déclarés concurrents de circonstance, espérant l’un et l’autre installer durablement ce face à face. Mais il n’est pas possible de demeurer dans cette impasse-là, réduisant la pluralité des courants de pensée politique à ces deux extrêmes. Car il s’agit bien-là de deux extrémismes ! Le très libéral Macron est le porte-flingue du capitalisme financier mondialisé, justifiant ses décisions politiques par sa soif de croissance économique, et qu’importe que les inégalités sociales s’accroissent (il paraît que ce n’est qu’un mauvais moment à passer) ou que la biodiversité se réduise à peau de chagrin. Quant à la nationaliste Le Pen, elle surfe sur les thématiques de sécurité, d’immigration et de poujadisme pour exacerber les haines. Non, ces deux-là ne peuvent inspirer aucun espoir.

Ce duel français est aussi à l’image d’un duel qui se développe à l’échelle européenne, entre les partisans du statu-quo libéral et ceux qui soufflent sur les braises de la colère des peuples. Et ce paysage-là, en Europe, nous rappelle des temps que nous pensions révolus. Or, il faut entendre les appels haineux en ex-Allemagne de l’Est, avec un culte nazi qui fait écho à l’arrivée du parti d’extrême-droite, Alternative für Deutschland (AfD), au Bundestag ; un très inquiétant parallélisme avec les années 30, où là encore la bourgeoisie des industriels et des grands financiers se satisfaisait que les conflits sociaux dans les entreprises se déplacent sur le champ politique.

Et il ne faut surtout pas minimaliser les chiffres de cette infographie du journal Le Monde,

Ext_D_Europe.jpg

car il y a un peu moins d’un siècle Outre-Rhin, le parti national-socialiste (NSDAP) a débuté avec des scores semblables, pour arriver au milieu des années 30 à construire le chaos en Europe :

NSDAP_Bundestag.png

Il n’y a pas de fatalité à nourrir cette offre délétère « Libéralisme Vs Nationalisme », et le 26 mai 2019 ces deux formations politiques et leurs satellites peuvent être reléguées loin derrière des forces progressistes et humanistes. Alors on me rétorquera que la gauche et que les écologistes abordent ce scrutin façon puzzle, mais le grand intérêt d’un scrutin de listes proportionnelles à un tour est d’offrir une pluralité de choix aux électeurs. Et Insoumis, communistes, socialistes et écologistes peuvent, et doivent constituer une offre politique alternative, et qu’importe que dans ce bloc telle ou telle formation ait un peu plus ou un peu moins de députés européens au soir de l’élection, l’essentiel est que ce bloc-là arrive largement en tête. Et ce n’est pas une tactique électorale, non, c’est une nécessité vitale pour notre démocratie.

Et si cette approche salutaire n’est pas portée à l’échelle nationale ou européenne, qu’est-ce qui nous empêche de la porter à l’échelle locale, dans nos communes et dans nos intercommunalités ? Et je souhaite vivement que les élus locaux et que les militants qui soutiendront ces listes de gauche et de l’écologie au scrutin européen de mai 2019 fassent campagne ensemble, démontrant ainsi la pluralité et la convergence de leurs propositions pour l’Europe, tout en offrant d’autres perspectives mobilisatrices pour les scrutins locaux et territoriaux à venir.

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